Le rôle de la loi et du chef

jeudi 26 juillet 2012
par jabiru

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Dans un chapitre de sa très volumineuse thèse d’histoire présentée pour le doctorat d’État [Éclaireurs Scouts de France et Signe de piste : histoire d’un système de représentations (1920-1964)  ], Christian Guérin aborde cette question de l’influence du docteur angélique sur la conception du chef chez les Scouts de France.

Très " universitaire ", son analyse contestable est néanmoins intéressante par ses nombreuses citations et la pertinence de certains passages. (…)

Citant largement les pères Héret, Maréchal, Richaud, Forestier et Mgr Lavarenne (auteur d’un commentaire de la " prière des chefs "), Christian Guérin explique alors comment, selon lui, l’ordre scout veut se modeler sur l’ordre chrétien. Le but du père Sevin, écrit-il, n’était-il pas la " restauration de la chrétienté par l’établissement d’un ordre scout de la société grâce à l’ordre scout qu’il avait esquissé " ?

Parmi ses citations, plusieurs sont, à cet égard, révélatrices :

" Le scoutisme a pour but de faire revivre quelque chose de l’esprit chevaleresque. Il est, par conséquent, assez naturel que SM [scoutmestre] et CP [chef de patrouille] aillent chercher la formule de leurs devoirs dans les écrits du plus grand docteur du Moyen-Age. Qu’ils permettent donc à un aumônier de troupe de leur dire quelles sont les trois qualités exigées de tout Chef par saint Thomas d’Aquin [sa place, sa perfection, son influence].

L’illustre théologien traite ce sujet à propos de Notre Seigneur Jésus Christ, le Chef par excellence (Somme théologique, IIIe partie, question VIII, article 1). Or, pour se faire une idée de ce qui constitue un chef, il observe ce qui distingue la tête des autres membres dans le corps humain : tous savent, en effet, que le mot " chef " vient d’un terme latin qui signifie " tête "… (abbé Paul Richaud :Les qualités du chef selon saint Thomas d’Aquin dans Le chef, mars 1923, n° 13).

 

" Un chef c’est l’interprète d’une loi ; mais c’est aussi la loi vivante. Un chef, c’est une conscience qui parle ; mais c’est aussi une conscience en action … "

"Il n’y a pas de pouvoir, si ce n’est de Dieu. Ce n’est pas la force brutale qui fonde l’autorité ; car la force ne peut rien sur les consciences. Ce n’est pas le consentement des " sujets " qui fonde l’autorité ; et ce n’est pas dans le peuple que les gouvernements puisent leur souveraineté … "

" L’élection n’a pas d’autre effet que de désigner à Dieu les hommes sur qui Dieu ensuite mettra le sceau de son Droit…" Le roi ou le Président de la République sont les représentants de Dieu ; le Préfet, le Maire, le Garde champêtre sont les représentants de Dieu. Le modeste caporal… Le sergent de ville …. "

" Il n’est permis de désobéir à une autorité inférieure que pour mieux obéir à une autorité supérieure. Car il y a une hiérarchie des autorités, il y a l’autorité de l’Église qui, dans l’ordre de la pensée, est infaillible et, dans l’ordre de l’action, toujours garantie par Dieu … " (Mgr Lavarenne : La prière des chefs, Bloud et Gay, 1937).

" (L’autorité a son fondement dans) la nature même des choses. C’est en ce sens qu’on peut dire qu’elle est de droit divin. Il faudrait pour son efficacité, qu’elle ne fût jamais autre chose que la traduction, en langage humain et en institutions humaines, de cette loi organique qu’est le droit naturel. " (R. P. Marcel-Denys Forestier dans Le chef, octobre 1940, n° 174).

 

Ordre divin… Loi qui le manifeste… Chef qui la réalise : les trois temps du système thomiste concernant la représentation du monde sont bien au rendez-vous, induit Guérin sommairement mais correctement. Encore faudrait-il souligner, avec le père Héret, que " l’Amour est la fin de la loi ".

" La loi, dit saint Thomas, est une ordonnance de la raison en vue du bien commun d’une société promulguée par le Chef qui a la charge de cette société. " (Somme théologique, Ia-IIa, q. 90, art. 4).

Mais qu’ajoute alors la loi scoute au Décalogue et à l’Évangile ? Rien en principe. Mais les diverses communautés humaines ont besoin de telles versions " folkloriques ", comme dit Madiran, pour incarner spécialement la loi naturelle (et surnaturelle) à leur façon. (…)

La loi scoute vécue en esprit surnaturel et son ordre incarnent à leur niveau la continuité de la loi et de l’ordre chrétiens et particulièrement la continuité de la geste chevaleresque, ainsi que l’a progressivement défini et prôné le père Sevin, au vu de l’expansion du mouvement :

(…)

" L’ordre scout, c’est la hiérarchie des choses telle que le scoutisme la suppose, la veut ou la fait… Nous n’avons rien inventé, et c’est cette identité essentielle avec l’ordre du christianisme, avec l’esprit du christianisme qui fait notre seule force, notre seule valeur. Mais l’esprit de saint François d’Assises est bien l’esprit de Jésus Christ, et nul ne songe à contester l’orthodoxie et l’originalité de la joie franciscaine. Mais toutes les grandes familles spirituelles qui au cours des siècles ont pris naissance, familles bénédictine, carmélitaine, dominicaine, ignatienne et les autres, toutes certes avaient leur esprit propre et toutes avaient et ont toujours le seul esprit du Christ et de l’Église… C’est toujours le seul et même ordre chrétien qu’à leur façon elles réalisaient. " (Le Chef , n° 79, janvier 1931).

" La loi, dit saint Thomas, est une ordonnance de la raison en vue du bien commun d’une société promulguée par le Chef qui a la charge de cette société. " (Somme théologique, Ia-IIa, q. 90, art. 4).

Mais qu’ajoute alors la loi scoute au Décalogue et à l’Évangile ? Rien en principe. Mais les diverses communautés humaines ont besoin de telles versions " folkloriques ", comme dit Madiran, pour incarner spécialement la loi naturelle (et surnaturelle) à leur façon. (…)

La loi scoute vécue en esprit surnaturel et son ordre incarnent à leur niveau la continuité de la loi et de l’ordre chrétiens et particulièrement la continuité de la geste chevaleresque, ainsi que l’a progressivement défini et prôné le père Sevin, au vu de l’expansion du mouvement :

(…)

" L’ordre scout, c’est la hiérarchie des choses telle que le scoutisme la suppose, la veut ou la fait… Nous n’avons rien inventé, et c’est cette identité essentielle avec l’ordre du christianisme, avec l’esprit du christianisme qui fait notre seule force, notre seule valeur. Mais l’esprit de saint François d’Assises est bien l’esprit de Jésus Christ, et nul ne songe à contester l’orthodoxie et l’originalité de la joie franciscaine. Mais toutes les grandes familles spirituelles qui au cours des siècles ont pris naissance, familles bénédictine, carmélitaine, dominicaine, ignatienne et les autres, toutes certes avaient leur esprit propre et toutes avaient et ont toujours le seul esprit du Christ et de l’Église… C’est toujours le seul et même ordre chrétien qu’à leur façon elles réalisaient. " (Le Chef , n° 79, janvier 1931).


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