Textes

vendredi 20 juillet 2012
par jabiru

" Guy de Larigaudie, le Routier légendaire qui, le premier par automobile, relia la France à l’Indochine, devait tomber au champ d’honneur sur la frontière du Luxembourg, le 11 mai 1940 (… ) "

(préface écrite par le père Forestier pour " Étoile au grand large ").




" Mon Dieu, je vous offre cette journée.

Toutes mes actions, toutes mes pensées, toutes mes paroles, tous mes pas, tous mes gestes.

Toutes mes joies et toutes mes tristesses.

Tout ce que je pourrai faire de bien en ce jour, ô mon Dieu, je le dépose à vos pieds pour votre gloire et le salut des âmes. " (Guy de Larigaudie. "Étoile au grand large". Seuil, 1943. page 16)



" La nature est toute de violence, de rapt et de meurtre. Bêtes de proie elles-mêmes se guettent, s’enfuient, se pourchassent et se dévorent. L’unique vérité est de tuer et de ne pas être tué. L’homme seul a inventé la douceur, et la Sœur de Charité réhabilite le monde. " (page 17)


 

" Admire et fais tiennes toutes les beautés du monde éparses autour de toi. Tâchant maladroitement de les traduire en pages imparfaites, fais-les monter en humble hommage jusqu’à ton Dieu. Suis la piste tortueuse ou droite que Dieu t’a tracée mais ne quitte pas, quelle qu’elle soit, cette voie qui est tienne. Cours l’aventure hardiment et la joie au cœur mais lorsque, l’heure venue, il te faudra passer à la seule aventure qui soit, le don total à Dieu, accepte. Il n’est que Dieu qui compte. Seuls, sa lumière et son Amour peuvent contenter et rassasier notre pauvre cœur d’homme, trop vaste pour le monde qui l’entoure ". (page 11)



" Lorsque, devant la mer, le désert ou une nuit lourde d’étoiles on se sent le cœur tout gonflé d’amour inachevé, il est doux de penser que nous trouverons dans l’au-delà quelque chose de plus beau, de plus vaste, quelque chose à l’échelle de notre âme et qui comblera cet immense désir de bonheur, qui est souffrance et notre grandeur d’homme. "



" Notre désir de bonheur est trop démesuré pour qu’il puisse jamais être rassasié ailleurs que dans l’au-delà. Même corporellement, nous sommes ici-bas des insatisfaits. Aucun cheval ne peut galoper avec le monde pour piste, aucune planche de surf, aucune vague ne peut nous entraîner d’un bord à l’autre d’océans plus vastes que ceux que nous connaissons, aucun tremplin de ski ne peut nous lancer dans les espaces interplanétaires, aucune immensité ne peut contenter la soif d’infini de notre regard. Nous sommes bridés de toute part, alors que nous sommes faits pour l’illimité. "



" Des rêves trop grands pour notre carrure pèsent parfois sur nos épaules, rêves de conquérant, de saint ou de découvreur de monde, rêves qui furent ceux réalisés d’un Mermoz, d’un Gengis Khan ou d’un François d’Assise. Il ne faut pas nous désoler d’être seulement ce que nous sommes. L’aventure la plus prodigieuse est notre propre vie et celle-là est à notre taille. Aventure brève : trente, cinquante, quatre-vingts ans peut-être qu’il faut franchir durement, gréé comme un voilier cinglant vers cette étoile au grand large qui est notre repaire unique et notre unique espérance. Qu’importent coups de chien, tempêtes ou calme plat, puisqu’il y a cette étoile. Sans elle, il n’y aurait plus qu’à cracher son âme et à se détruire de désespérance. Mais sa lumière est là et sa recherche et sa poursuite font d’une vie humaine une aventure plus merveilleuse que la conquête d’un monde ou la course d’une nébuleuse. Cette aventure-là ne dépasse pas notre carrure. Il nous suffit de marcher vers notre Dieu pour être à la taille de l’Infini, et cela légitime tous nos rêves. " (page 20 et 21)



" Un acte une fois posé ne se reprend pas. Ses orbes et ses ressacs se prolongent en des lointains inaccessibles. Nous créons du définitif et c’est ce prolongement dans l’éternité de nos moindres actions qui fait notre grandeur d’homme. " (page 21)



" Ma vie tout entière n’a été qu’une longue quête de Dieu. Partout, à toute heure, en tout lieu du monde, j’ai cherché sa trace ou sa présence. La mort ne sera pour moi qu’un merveilleux laisser-courre. " (page 36)



" Je me suis tellement accoutumé à la présence de Dieu en moi que j’ai toujours au fond du cœur une prière montant à fleur de lèvres. Cette prière, à peine consciente, ne cesse pas même dans le demi-sommeil que rythme la marche d’un train ou le ronronnement d’une hélice, même dans l’exaltation du corps ou de l’âme, même dans l’agitation de la ville ou la tension d’esprit d’une occupation absorbante. C’est, au fond de moi-même, une eau infiniment calme et transparente que ne peuvent atteindre ni les ombres, ni les remous de la surface. " (page 36)



" La Communion quotidienne a été pour moi, chaque matin, le bain d’eau vive qui affermit et détend tous les muscles, le repas substantiel avant l’étape, le regard de tendresse qui donne hardiesse et confiance. " (page 37)


 " Nous ne comprenons rien à rien. Il y a autant de mystère dans la croissance d’un grain de blé que dans le mouvement des étoiles. Mais nous savons bien que nous sommes seuls capables d’aimer, et c’est pour cela que le moindre des hommes est plus grand que tous les mondes réunis ". (page 13)


Juste avant il écrivait à une religieuse carmélite :


" J’avais rêvé de devenir un saint et d’être un modèle pour les louveteaux, scouts et routiers. L’ambition était peut-être trop grande pour ma taille, mais c’était mon rêve. "


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