Bénédictions et encouragements pontificaux

vendredi 20 juillet 2012
par jabiru

 

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Si le milieu ecclésiastique français ne se montre jamais unanime à propos du scoutisme, pendant toute l’entre-deux-guerres, les différents Papes de la période le soutiennent au contraire sans discontinuer. Certes, on a vu la cabale montée à Rome contre les SdF, en 1924. Mais aucun document connu ne parle de doutes du Souverain Pontife sur les bienfaits et l’orthodoxie du scoutisme catholique. Depuis son apparition avec, en Belgique, la première association séparée, il est approuvé et béni par les Papes. "Les Souverains Pontifes Pie X, Benoît XV, et Pie XI ont donné à notre scoutisme leur lettre de naturalisation catholique" (1), constate le chanoine Cornette. En effet, la première approbation pontificale date du 18 janvier 1913, avec la lettre de félicitations du cardinal Merry del Val, secrétaire général de saint Pie X, à Jean Corbisier, chef des BP Belgian Catholic Boy-scouts. "Il m’a été agréable d’apprendre les intéressants détails sur la récente formation des Belgian Catholic Scouts dont vous êtes le chef, sur le but de cette excellente oeuvre de jeunesse, qui a rencontré l’approbation de S.E. le cardinal-archevêque de Malines et de l’épiscopat belge.(…). Le Saint-Père, qui a appris lui-même avec satisfaction ces détails, envoie de tout cœur une spéciale bénédiction, gage des faveurs célestes." (2). Quant à Benoît XV, il donne son accord pour l’OISC, fondé lors du jamboree d’Olympia en 1920 : c’est ce qu’écrit en 1921 au père Sevin Mgr. Tiberghien, archevêque de Nicée chargé des relations entre l’Office et le Saint-Père.

En ce qui concerne les SdF eux-mêmes, on les a vus soutenus par Mgr. Dubois, évêque de Paris, et on sait déjà qu’il a fait pression à Rome en leur faveur. Le 30 mars 1922, le cardinal Gasparri transmet aux SdF une lettre de Pie XI, qui définit ainsi le but de l’Association : "Aider les âmes à devenir, sous l’influence de la Grâce divine, des âmes pénétrées des enseignements de la Foi et de la doctrine catholiques, des âmes fidèles à la pratique constante d’une vie religieuse exemplaire, des âmes filialement soumises à la direction de leurs pasteurs et du Souverain Pontife, et du même coup des âmes ardentes, dévouées et chevaleresques."(3). Mais ce perpétuel soutien des Papes pour les SdF, s’il les montre persuadés du bienfait de cette oeuvre, répond aussi à la vénération des aumôniers SdF pour le successeur de Pierre. Par exemple, ces mots que le Pape a écrits sans prévoir leurs conséquences deviennent le maître mot que se donne la Fédération. Le chanoine Cornette considère "ce programme que nous avons pieusement reçu des mains du chef vénéré de l’Eglise (…) comme la charte respectée du scoutisme catholique."(4). C’est en ces termes qu’il le présente à tous les scouts dans le premier numéro du SdF. Souvent, il cite ces mots du Pape, comme si Benoît XV avait voulu lui-même les donner en directives à l’Association. De même, la réglementation de l’association, érigée par les cardinaux Dubois et Andrieu, est transmise aux SdF par le nonce apostolique. Plus tard, "la deuxième édition de notre règlement a été présentée à SS Pie XI par le RP Gianfranceschi, aumônier général des scouts catholiques italiens. NSP le Pape (…) l’a béni et approuvé vivae vocis oraculo. (Audience de novembre 1923, lettre du père Gianfranceschi à M. le chanoine Cornette)." (5).

Cette vénération pour le Souverain Pontife donne lieu à des pèlerinages à Rome. Le premier, pour l’année sainte, en 1925, réunit dix-mille scouts catholiques du monde entier. Mais en 1934, seuls les SdF l’organisent. Or, dans les différentes revues de l’Association, le chanoine Cornette annonce le projet longtemps à l’avance, le répète dans chaque numéro, et précise bien que le pèlerinage passe avant les camps, qu’il faut sacrifier les camps de Pâques pour que tous les scouts puissent aller à Rome. De plus, tous les sermons et discours du Pape aux scouts, même les simples télégrammes échangés entre les responsables SdF et le Saint-Père, sont traduits et publiés dans les différentes revues du mouvement, celles adressées aux aumôniers, aux chefs ou aux scouts. Ils sont même parfois édités sous forme de brochure. Et les scouts italiens, eux, se réunissent régulièrement à Rome autour du Saint-Père, et se montrent toujours prêts à se dévouer pour lui. "A toutes les grandes manifestations religieuses du Vatican, congrès eucharistique, béatification, etc., les scouts catholiques sont chargés d’assurer le service d’ordre ou de remplir des fonctions analogues." (6).

De son côté, Pie XI leur prêche au moins une homélie chaque année pour la fête de saint Georges. A chaque fois il renouvelle ses encouragements et ses bénédictions. Elu Pape le 6 février 1922, et sur le trône de Pierre jusqu’en 1939, Pie XI a été appelé à juste titre le Pape du scoutisme. Mais outre que ses dates correspondent à l’essor du scoutisme catholique, il comprend tout à fait la méthode de BP et la façon dont on peut la surnaturaliser. Peut-être que l’alpinisme de sa jeunesse l’aide à concevoir les bienfaits spirituels qu’on retire de l’effort physique et de la vie dans la nature. A la saint Georges 1922, il s’adresse aux scouts italiens. "Nous savons ce que les scouts ont fait dans l’intérêt de la vie chrétienne, ce qu’ils ont fait pour la restauration de la pensée et du sentiment chrétiens dans toutes les manifestations de la vie privée et de la vie publique."(7). Car le scoutisme forme des garçons continuellement chrétiens, parce qu’il ne sépare pas la formation technique de la morale ni du spirituel. Nous aurons l’occasion d’en reparler, mais il est à noter que le Pape en félicite les scouts, à une époque où le modernisme tend à séparer le domaine public du privé.

Quelques mois plus tard, lorsque le Congrès international du scoutisme se déroule à Paris, du 22 au 29 juillet, le père Gianfranceschi, aumônier général des scouts italiens, transmet un message de Pie XI. "Avant mon départ, il a daigné me confier ses vœux les plus paternels pour les scouts et leurs dirigeants." (8). Mais il n’attend pas cette occasion pour exprimer son approbation directement à l’Association française : dès "le 11 avril 1922, SS Pie XI a béni et approuvé officiellement les SdF". (9).

A la saint Georges 1923, le Saint-Père s’adresse de nouveau aux scouts italiens, après leur avoir lui-même distribué la communion. "Nous vous avons déjà béni du haut de cet autel, ô vous qui nous êtes chers parmi les plus chers de nos fils en Jésus-Christ.(…). Vous êtes des scouts catholiques, c’est-à-dire des scouts qui apportent à ce scoutisme les sublimes caractéristiques de la profession de la Foi et de la vie catholique. Et ainsi, de ce qui pourrait être purement humain, vous faîtes un exercice de vie chrétienne ; d’une chose en soi très belle mais qui ne regardait que la terre, vous faîtes une chose qui regarde le Ciel. Vous êtes donc des scouts catholiques. Mais notre pensée ne se termine pas là (…). Soyez des catholiques scouts, c’est-à-dire apportez dans la profession et la vie catholiques les caractéristiques de votre devise." 10). Pie XI ne demande pas seulement de spiritualiser le scoutisme pour en faire une méthode d’éducation catholique, il a conscience que l’esprit scout peut aussi enrichir la vie spirituelle et la pratique religieuse. Dès 1923, alors que les dirigeants des SdF n’en parleront pratiquement pas avant 1930, le Pape suppose une spiritualité scoute, une façon de concevoir la vie catholique influencée par le scoutisme.

Lors du pèlerinage international de septembre 1925, Pie XI comprend aussi l’impact de cette nouvelle pédagogie sur la génération montante, et ses possibilités de contribution à la rechristianisation de l’Europe. Le Pape de l’Action Catholique, qui veut engager les laïcs à participer à l’apostolat hiérarchique, voit dans le scoutisme une autre pépinière d’apôtres. "Vous êtes (…) les espérances de la religion et de l’Eglise aussi bien que de la famille et de la patrie." (11). Il entraîne donc les scouts à se sanctifier par leur propre méthode, non pas seulement en rajoutant des exercices religieux à leurs activités, mais par une surnaturalisation de leurs vertus caractéristiques. "Force et courage non seulement pour éprouver les routes de la terre et trouver les sentiers parfois ardus, mais plus encore pour faire l’éducation de la volonté et maintenir la chair sous la direction de l’esprit. (…). Le scout catholique fort et courageux sait quelle route il doit prendre, quel sentier lui est tracé par le devoir."(12).

Comme on peut le constater ici, Pie XI parle aux scouts dans leur langage ; renseigné sur leur pédagogie, il sait employer les termes et les images qui les touchent. Dans le discours de 1922, il leur dit : "Soyez ce que dit votre nom : soyez des escoutes, c’est-à-dire des hommes d’avant-postes, aux postes d’écoute ; soyez des éclaireurs. Votre qualité d’éclaireurs signifie donc que vous devez être les premiers entre les premiers, les premiers de tous." (13). Il exalte ici les sentiments magnanimes de la jeunesse. Et à la saint Georges 1923, il assimile même la situation de chaque catholique avec le rôle du scout. "Vraiment, nous sommes tous comme des éclaireurs qui voyagent en pays ennemi au milieu des embûches, des dangers, des pièges de toutes sortes, tendus par le démon, par le monde et même par notre propre nature, misérable et perfide." (14). Pie XI considère donc incontestablement le scoutisme comme un système d’éducation catholique non seulement par les apports des prêtres qui l’ont adopté, mais même par ses propres caractéristiques. Nous ne citons ici que les sermons des premières années, pour montrer que les SdF, inquiétés par certains ecclésiastiques dans leur pays, trouvent un soutien permanent à Rome.

Les éloges et encouragements se perpétuent pourtant pendant toute l’entre-deux-guerres. Et le Pape comprend très bien les besoins des scouts. Par exemple, il accorde un indult pour leur faciliter les messes de camp. Le 15 juillet 1929, il donne aux aumôniers SdF le privilège de l’autel portatif, qui permet aux prêtres de célébrer la messe sur un autel construit au camp, en plein air, avec un tissu comprenant une minuscule relique en guise de pierre d’autel. Le BdL fait alors de la réclame chaque mois pour une valise-chapelle, mallette capable de contenir tout le mobilier liturgique et possible à monter sur quatre pieds pour en faire un autel. L’indult de 1929 accorde aussi le privilège de la confession en plein air, sauf pour les cheftaines (de louveteaux). Il permet en outre aux aumôniers qui disposent dans leur propre diocèse du droit de confesser d’étendre automatiquement leur pouvoir aux diocèses où se déroulent les camps qu’ils accompagnent. Tous les trois ans, l’Eglise renouvelle cet indult spécialisé aux SdF. Dès 1932, il est élargi : les aumôniers peuvent désormais aussi confesser des jeunes de groupes constitués qui camperaient à proximité d’un camp SdF. Mais, dans son ensemble, l’indult reste soumis à la condition que la paroisse la plus proche soit difficile d’accès, et, dans tous les cas, il est obligatoire de s’y rendre pour les messes du dimanche et les fêtes d’obligation. De plus, il est réservé aux aumôniers titularisés par les SdF. Ces privilèges facilitent tout de même considérablement le travail des prêtres dans les camps scouts et montrent encore la bienveillance des Souverains Pontifes à l’égard des SdF.


NOTES :

1.Chanoine Cornette, in Le Chef de janv.1930,p.25.

2.Lettre publiée par P. d’Orome et Pralbeicht, dans le Manuel du boy-scout, Belgique,1914,p.8 et 9.Elle est aussi éditée in Etudes en février 1913,et suscite ainsi les articles du père Caye.

3.Citée par le chanoine Cornette in Le SdF n°1,janv.1923,p.1.

4.Chanoine Cornette, in Le SdF n°1,janv.1923,p.1.

5.Circulaire privée aux aumôniers et aux chefs, édition des SdF, Paris, 1923,p.4.

6.Circulaire,op.cit.,p.2.

7.Pie XI, cité in Le Chef de mai 1922,p.30.

8.Père Gianfranceschi, s.j., cité in Le Chef n°6,août 1922,p.85.

9.Père Sevin, s.j., Pour devenir SdF, Spes, Paris,1931,p.17.

10.Pie XI, cité in Le Chef de juillet 1923,p.210-211.

11.Traduction française du discours de Pie XI en septembre 1925, brochure des SdF, Paris 1925,p.3.

12.Traduction,op.cit.,p.4 et 5.

13.Pie XI, cité in Le Chef de mai 1922,p.30.

14.Pie XI, cité in Le Chef de juillet 1923,P.210-211.


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