Premières initiatives (1912-1920)

vendredi 20 juillet 2012
par jabiru

 

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Avant 1912, il n’existe aucune version française de Scouting for boys, écrit en 1908. Elle paraît alors en Suisse, grâce à la traduction du pasteur Pierre Bovet. On connaît cependant le scoutisme, en France, par le Livre de l’éclaireur du commandant Royer. En 1910, le pasteur Georges Gallienne lance la première troupe française à Paris. En 1911, les EdF et les EU se constituent. Au printemps 1912, de jeunes catholiques du Creusot choisissent la méthode, sans vouloir adhérer aux mouvements neutre ou protestant.

Louis Faure fait partie de l’équipe fondatrice de cette milice Saint-Michel, qui définit une loi, une promesse et un règlement. L’idée se répand vite dans la région du Creusot. L’abbé Ferret crée les éclaireurs mâconnais avec F.Massard, l’abbé Vachet s’en charge à Chalon-sur-Saône, l’abbé Piguet lance l’Avant Garde Saint-Lazare à Autun, l’abbé Falconnait prend la tête de l’Etoile louhannaise, dans la Bresse. D’inspiration scoute, ces groupes ne revendiquent pourtant pas leur affiliation à Baden-Powell, et exercent un tri dans sa pédagogie.

Toujours en 1912, l’abbé Caillet cherche à fonder des éclaireurs dans sa paroisse du Rosaire, à Paris. Il demande de l’aide à Henri Gasnier, grand explorateur qui passe son temps à parcourir la campagne. Les Intrépides du Rosaires font leur première sortie en 1913, avec campement et cuisine en plein air, activités rares dans les premières troupes catholiques. En effet, outre qu’il paraît bien original, à l’époque, de coucher sur la dure, les prêtres s’inquiètent des dangers moraux que pourrait provoquer cette proximité nocturne chez des adolescents.

En 1914, l’abbé de Grangeneuve, directeur du patronage de l’Immaculée Conception à Paris, est mobilisé, et confie son oeuvre au jeune laïc Lucien Goualle. En novembre 1915, son remplaçant groupe des garçons sous le nom de Diables blancs (en référence aux héroïques chasseurs de l’Yser) et les organise en patrouilles, ce qui sauve le groupe lorsqu’il est à son tour mobilisé, en 1918. A son retour, l’abbé de Grangeneuve regroupe les Diables blancs et une partie des Intrépides : ils forment ensemble les Vaillants Compagnons de saint Michel. Ils éditent un journal, où Goualle, en 1920, dans le n°13, fait de la publicité pour le jamboree scout de Londres. Cette troupe paraît donc moins méfiante face à Baden-Powell que les Bourguignons.

On trouve en France d’autres troupes catholiques isolées, dont on ne connaît presque rien. Par exemple, on parle de la plus ancienne, fondée au Havre en 1911, sans autre précision (sans doute s’agit -il cependant du patronage Saint-Thomas d’Aquin du père dominicain Héret). Ou encore de celle lancée par l’abbé Castamagne à Nîmes, en 1915. De même, le journal des Vaillants compagnons de saint Michel raconte, dans son n°31, en juin 1922, l’affiliation aux SdF d’une troupe versaillaise qui, depuis longtemps déjà, sous la direction de l’abbé Richaud, portait le nom d’éclaireurs de Notre Dame et suivait un code de douze articles.

Mais l’œuvre la plus importante avant les SdF, reste celle de l’abbé d’Andréis de Bonson.(1). Né le 09/08/1883, il est ordonné prêtre en 1908, à Nice. Silloniste, il rentre dans le rang après la condamnation du Sillon par saint Pie X, en 1910. Cette même année, il obtient de son évêque d’être relevé de son vicariat pour fonder des boy-scouts catholiques, à partir du patronage Pauliani. Il n’hésite pas à se recommander de la lignée spirituelle directe de BP et à arborer son nom audacieusement. Cependant, il ne cherche pas à s’en faire connaître, et, d’ailleurs, il ne se montre pas aussi fidèle qu’il le prétend au fondateur. Il refuse en effet toute influence anglaise et adapte la méthode aux "mœurs, tempéraments et traditions de notre pays"(2). Les dix articles de la loi deviennent ainsi les douze maximes de l’éclaireur :

1. Un éclaireur est loyal.

2. La parole d’un éclaireur est sacrée.

3. Un éclaireur agit avec conscience et responsabilité.

4. Un éclaireur, à l’exemple des anciens chevaliers, est tenu à faire une bonne action par jour.

5. Un éclaireur est courtois.

6. Un éclaireur est toujours souriant et allègre.

7. Un éclaireur est pur en pensées, en paroles et en actes.

8. Un éclaireur aide autrui.

9. Un éclaireur a de l’initiative.

10.Un éclaireur est économe.

11.Un éclaireur n’achète pas le dimanche.

12.Un éclaireur s’abstient de boissons fortes alcoolisées.

Evidemment, l’esprit y est. Mais l’abbé d’Andréis supprime la bonté pour les animaux, et ajoute des éléments insérés dans la pédagogie de BP sans pourtant figurer dans la loi, tels l’initiative ou la responsabilité. De même, la bonne action quotidienne(BA), première obligation du scout, n’apparaît pas dans la loi. Enfin, le fondateur anglais ne précise aucune obligation religieuse tandis que la onzième maxime de l’abbé d’Andréis détonne quelque peu:on croirait volontiers qu’il s’agit là du précepte central chez les catholiques, puisqu’il est le seul cité ! On a l’impression que l’abbé d’Andréis répond à une situation particulière (il faut croire que ses paroissiens avaient la fâcheuse habitude d’acheter le dimanche) sans chercher à constituer une loi morale universelle. De même, la conception de la promesse diffère nettement de BP à l’abbé d’Andréis : si le garçon anglais s’engage, après un mois d’essai, à faire un maximum d’efforts pour devenir un bon scout, l’éclaireur de l’abbé d’Andréis doit attendre 16 ans, avec un minimum de quatre années de scoutisme derrière lui, avant de promettre. Le prêtre niçois trouve un peu léger de prendre une oeuvre d’éducation comme un jeu (le fameux jeu scout), et revendique un peu plus de sérieux.

En 1913, les Eclaireurs des Alpes deviennent l’Association des éclaireurs catholiques de France, et reçoivent des statuts reconnus par l’autorité civile et militaire, avec l’agrément du gouvernement et, selon la loi de 1901, le numéro 7233. Ils comptent alors 600 scouts, répartis en treize troupes, avec chacune un chef de troupe, deux assistants et plusieurs patrouilles, tous regroupés sous l’insigne de la croix de Malte. En 1915, l’abbé d’Andréis édite, avec l’appui de l’évêque de Nice, Mgr. Chapon, un Manuel de l’éclaireur catholique. Ses garçons s’illustrent pendant la première guerre mondiale : les éclaireurs de 16 à 18 ans servent alors de plantons, de courriers et même de guides de montagne pour amener les soldats à la frontière italienne. Ils obtiennent ainsi de nombreuses citations civiles et militaires. L’expansion semble dépasser la région niçoise : une lettre officielle de l’association des éclaireurs catholiques de France, retrouvée dans le fond d’archives de Paul Coze, et actuellement conservée au Laboratoire scout de Riaumont, fait foi d’une telle tentative. Effectivement, le QG écrit, en juillet 1917, à un délégué , mineur, habitant 61 rue d’Amsterdam : "D’ici la fin août, vous aurez le temps de prendre vos dispositions et de jeter les bases d’une section parisienne." L’entête parle d’une "section de Paris des éclaireurs de la Seine". Et l’ensemble de la lettre insiste sur la fidélité à BP, même si une certaine souplesse est recommandée. Que le projet ait abouti ou non, il montre la volonté de répandre le mouvement au niveau national.

Bien que moins ancienne et moins répandue, c’est l’œuvre du chanoine Cornette, prêtre à Saint-Honoré d’Eylau, à Paris, qui jouera le plus grand rôle dans les débuts des SdF.(3). Un jour de 1916, Paul et Marcel Coze, 16 et 14 ans, prient le chanoine Cornette de lire Eclaireurs. Ils ont découvert le scoutisme à Alexandrie et à leur retour en France, ont fondé une troupe à Agay, sur la côte d’Azur. Conquis, le chanoine Cornette en parle à son ancien curé, l’évêque de Meaux, et en obtient l’appui. Le 2 octobre, après la messe de 8h.30, le chanoine Cornette rassemble les membres de la Réunion d’Eylau et parle de la nécessité de former les jeunes abandonnés par leurs aînés à cause de la guerre. Il faut donner au pays des chevaliers des temps modernes.

Quoique tout le monde éclate de rire lorsque Paul Coze est nommé chef (peut-être à cause des plumes qu’il porte sur la tête, à l’imitation des Indiens), une douzaine de jeunes s’inscrit. Ils forment deux patrouilles : les Coqs, C.P. Marcel Coze, et les Lions, C.P. Jacques Alby. Ils se réunissent tous les jeudis et dimanches, lisent Eclaireurs de BP, et se renseignent auprès des scouts (EdF et EU) du quartier. Notamment, les Coze et Jean Duriez-Maury, dont nous reparlerons, fréquentent le même lycée que Paul Vitry, EU de Passy II, avec qui ils s’amusent à faire du morse pendant les cours. Paul Vitry leur apporte ses programmes de réunion de patrouille et les deux troupes organisent quelques sorties en commun. Il leur apprend aussi, en 1919, les expressions de BA, pour désigner la bonne action quotidienne, et de VP (Visage Pâle), pour qualifier les non scouts. Au début, les scouts de Saint-Honoré d’Eylau ne portent pas l’uniforme, que parents et ecclésiastiques trouvent trop débraillé. Il s’agit en effet d’une tenue adaptée à la brousse, dans laquelle BP a conduit de nombreuses expéditions militaires, et aux missions d’éclaireurs, pour se camoufler. Après discussion, les parents s’adressent à des dessinateurs de renom, et adoptent la veste réséda, et le chapeau relevé d’un côté. Le chanoine Cornette baptise le mouvement Entraîneurs catholiques de France. Il met sur pieds des règles morales : un code d’honneur de neuf articles, précisés par les quinze articles de la loi, des devoirs, un serment et une devise ("prier, travailler, obéir", à laquelle il ajoute en février 1917 "pour l’action"). De plus, le code religieux des Entraîneurs résume leurs devoirs catholiques en cinq articles : la prière quotidienne, le devoir dominical, le culte de la Sainte-Vierge, la fréquentation des sacrements, la persévérance (notamment par l’instruction religieuse). Il précise : "Tu es le chevalier du Christ et de l’Eglise."(4). Les entraîneurs appliquent intégralement le système des patrouilles et pratiquent les principales activités techniques.

Le nouveau groupement rencontre une opposition souvent violente de la part de nombreux membres de la Réunion d’Eylau. Tout le monde s’en moque : dans la rue, ils font rire et les gamins les poursuivent. Le sacristain refuse l’entrée de l’église à ces "protestants". Par réaction, ils ont un esprit de corps très exclusif, comme des conquérants en pays ennemi. Cependant, au printemps 1917, les patrouilles passent de deux à cinq. Fin 1918, elles sont huit (soit quarante-huit garçons). De plus, en décembre 1918, les entraîneurs assurent le service d’ordre dans la crypte de Saint-Honoré d’Eylau. Pourtant, ils ne soulèvent toujours pas l’enthousiasme des paroisses voisines. L’encadrement, appelé Etat-Major, est constitué d’un capitaine, d’un lieutenant et d’un intendant. Il est coiffé par un Comité directeur, présidé par le chanoine Cornette. L’Etat-Major et le Comité directeur forment, avec les chefs et sous-chefs de patrouilles, le Conseil de discipline, inspiré de la Cour d’Honneur de BP, qui associe les CP aux décisions concernant la troupe (programme des activités comme progression de chaque scout). Certaines techniques scoutes sont cependant rapidement délaissées au profit du football et d’autres jeux courants. On ne campe pas avant 1919. "Du fait de la guerre mais pendant une courte période, véritable déraillement du scoutisme. On se rassemblait, non par patrouille mais par ordre de taille, on s’alignait, et on partait jouer aux gendarmes et aux voleurs pour toute l’après-midi."(4).

Le 21 octobre 1918, le chanoine Cornette se rend avec quelques entraîneurs à une réunion organisée par les EdF en l’honneur de B.P. qui, juste après un discours de Royet sur le scoutisme laïc, s’écrie, en voyant la soutane du chanoine : <<Je remercie le Ciel, monsieur l’abbé, que vous soyez venu ici. Vous représentez l’idée religieuse que j’ai voulu placer à la base de mon oeuvre.>>. Peu après, les entraîneurs participent à une sortie commune avec les EdF et les E.U., à Château-Thierry. Quand le chanoine Cornette dit la messe, il est surpris du nombre d’éclaireurs qui y assistent. Il prend alors conscience qu’il faut fonder un scoutisme catholique pour récupérer tous ces garçons. Il demande audience au cardinal de Paris, Mgr. Amette, qui l’encourage dans cette voie. A la même époque, le chanoine Cosson, premier vicaire de Saint-Honoré d’Eylau, devient curé de Saint Jean-Baptiste de la Salle et y fonde une troupe : il s’agit du premier curé parisien aumônier scout.

Le 25 janvier 1919, les entraîneurs entrent en contact avec les Intrépides et les Vaillants compagnons de saint Michel. En février, un repas rassemble les responsables de ces troupes, et les entraîneurs sont représentés par Edouard de Macedo, gentilhomme d’origine brésilienne issu de la Réunion d’Eylau. On y parle de répandre la méthode de BP pour la formation des jeunes catholiques. Au printemps de la même année, Macedo commence à participer aux sorties des entraîneurs, en étroite collaboration avec le chanoine Cornette. Ses expressions favorites : "un scoutisme authentique", "le scoutisme de BP"(4). Il ramène alors la troupe à des activités proprement scoutes, ce qui ne l’empêche pas de repenser la pédagogie adoptée : "Macedo était la pensée, il apportait des nuits entières de réflexions".(4). A la Pentecôte, les Entraîneurs campent pour la première fois, sous sa direction, et en présence du chanoine Cornette, à Meudon. Les camps se multiplient et occupent désormais toutes les périodes de vacances : Toussaint, Pâques, Pentecôte, été, etc. En octobre, la troupe, trop nombreuse, se sépare en deux partis : les rouges et les bleus, avec chacun un chef et, au dessus d’eux, Macedo. En juin 1920, le bord du chapeau est rabaissé, en juillet, la veste est abandonnée. A ce moment, en effet, le projet de fédération des scouts catholiques aboutit, et les entraîneurs en acceptent toutes les nouvelles normes. En septembre, certains entraîneurs se joignent à quelques vaillants compagnons de saint Michel et à quelques intrépides pour participer au camp-école de Francport, où campent deux-cents garçons des régions dévastées par la guerre pour être initiés au scoutisme. Le vicaire de Compiègne y tient lieu d’aumônier. Sous la direction des chefs du scoutisme américain, les entraîneurs apprennent beaucoup dans l’art de camper et la connaissance de la nature.

De son côté, exilé par la dispersion des jésuites de France en 1901, le père Sevin découvre le scoutisme en Belgique et en Angleterre. Dès 1913, encore novice, il obtient de sa hiérarchie la permission de partir pour la Grande Bretagne mener une enquête sur le scoutisme. Il est introduit auprès de BP par l’archevêque de Westminster. Il raconte : "Le 20 septembre 1913, au rallye du district Nord de Londres à l’Alexandre Palace, je prends ma première tasse de thé avec BP… et ce jour-là, je forme la résolution de fonder les scouts catholiques en France, et d’avoir un rallye semblable devant le cardinal de Paris."(5).

Le 2 août 1914, le père Sevin est ordonné prêtre. A la rentrée 1916, il est envoyé enseigner à Mouscron, dans les Flandres belges, mais les Allemands font fermer le collège huit jours après son arrivée. Il obtient alors de son recteur la permission de se consacrer à la rédaction d’un ouvrage sur la pédagogie de BP. Il prépare ainsi Le Scoutisme, qui ne paraîtra qu’en 1922. Dès 1917, il lance des activités scoutes clandestines (à cause des interdictions allemandes) à Mouscron, avec neuf garçons. Ils se reconnaissent déjà par l’insigne de la croix potencée, la croix des Hospitaliers de saint-Jean de Jérusalem. Le 13 février 1918, pour des raisons de discrétion, il appelle sa première troupe (masculine) la Compagnie des guides Thérèse de l’Enfant-Jésus (canonisée plus tard, en 1925), et lui donne la prière de saint Ignace de Loyola, future prière de tous les SdF, dans l’ensemble très inspirés par les spiritualités de sainte Thérèse et des jésuites.

En 1919, avec la fin de la guerre et le prolongement de l’Union sacrée, qui a fait cesser les mesures anticongréganistes, le père Sevin peut revenir d’exil et s’installer à Lille. Il lance alors les germes, avec Xavier Sarrazin, d’une troupe scoute. Mais, dès septembre, il est nommé à Metz. "Au mois d’octobre 1919, trois jeunes gens s’initiaient au scoutisme dans les fortifications de Lille ; leur chef s’appelait Xavier Sarrazin.(…). Trois mois plus tard, le groupe des "Boy scouts catholiques de Lille" était constitué.(…). L’évêché leur donna un aumônier en la personne de M. l’abbé Warin. Grâce au zèle éclairé de ses promoteurs, le jeune mouvement essaima rapidement dans la région et poussa même des filiales jusqu’à Boulogne et Condé."(6). Le père Sevin, qui entrevoit déjà un plus vaste projet, donne à l’association régionale le nom de Scouts de France. Son insigne, sa loi, son uniforme, son organisation et sa conception générale préfigurent la future Fédération nationale.

 

NOTES :

1.Nous avons retracé la majeure partie de l’histoire des Eclaireurs des Alpes grâce à une suite de trois articles de Robert Treves, in Scoutisme et collections,1990 et 1991.

2.Abbé d’Andréis, Manuel de l’éclaireur catholique,1915.

3.Nous avons trouvé la plupart des éléments sur les Entraîneurs dans Cinquante années de scoutisme, à usage interne, édité en 1966, ainsi que dans le document préparatoire à cette brochure, retrouvé dans le fond d’archives de Paul Coze et actuellement conservé au laboratoire scout de Riaumont.

4.Document préparatoire à Cinquante années de scoutisme, op. cit., retrouvé dans le fond d’archives de Paul Coze et actuellement conservé au laboratoire scout de Riaumont.

4.Chanoine Cornette, L’éducation morale par le scoutisme catholique, édition des SdF, Paris,1921,p.15.

5.Notes autobiographiques, dans Le Père Sevin, collectif, éditions "les Orphelins apprentis d’Auteuil",1986,p.22.

6.in Le SdF n°6,juin 1923,p.111.


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