Introduction

vendredi 20 juillet 2012
par jabiru

 

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Alors qu’en ce début de XXe siècle, l’Europe semble remettre en cause ses valeurs morales traditionnelles, le scoutisme veut redonner à la nouvelle génération le sens de l’honneur et du dévouement. On pourrait placer cette méthode tout simplement dans la mouvance des mouvements de plein air alors à la mode, mais, avec le campement et la vie dans la nature, le scoutisme engendre tout un esprit et conduit à la plus haute moralité. Parti d’Angleterre avec Baden-Powell, il se répand rapidement en Europe et dans le monde, adapté aux diverses coutumes nationales comme aux différentes religions. En France, il gagne les milieux laïcs et protestants avant d’intéresser les catholiques.

Depuis sa fondation, en 1920,la Fédération nationale catholique des Scouts de France(SdF) n’a jamais fait l’unanimité dans le milieu ecclésiastique. Si, dans son ascension fulgurante de l’entre-deux-guerres, elle gagne de plus en plus d’adeptes et de défenseurs dans le domaine théologique, elle laisse toujours quelques réticents. On lui reproche de se compromettre avec le naturalisme, cette religion de l’Homme parfait, capable d’atteindre le summum des capacités humaines par ses propres forces (sans la Grâce divine) et dont le but s’arrête à cette perfection naturelle. Mais il y a souvent confusion entre le scoutisme de Baden-Powell et celui du père Sevin, fondateur, entre autres, du scoutisme catholique français. Quant à savoir si la pédagogie du général anglais est naturaliste, la question ne se pose pas dans ce mémoire. Certains ont montré que la fin assignée par Baden-Powell à son mouvement dépassait les vues terrestres, mais, de toute façon, notre anglican ne peut avoir la conception catholique du péché originel et de la Grâce divine.

Il a donc fallu un minutieux travail en profondeur pour catholiciser le scoutisme, pour l’épurer de toute trace protestante, et en faire une pédagogie au service de l’Eglise. Opération apparemment réussie lorsqu’on lit le chanoine Cornette, qui encourage à être "meilleurs scouts parce que catholiques, meilleurs catholiques parce que scouts."(1). On lit de même chez le père Delmas : "Le scout est catholique avant tout et ne peut être vraiment scout que s’il est catholique : il sera scout dans la mesure où il sera pleinement catholique, ou vice versa."(2). Et le chanoine Cornette va encore plus loin : "Le scoutisme est une spiritualité authentiquement catholique, une manière de concevoir et de pratiquer la loi de l’Evangile."(3). Alors que, dans d’autres pays, des associations de scoutisme catholique sont bien antérieures aux SdF, la Fédération française apparaît rapidement comme un modèle dans le domaine. Au jamboree de Gödöllö, en 1933, son règlement religieux sert de base aux discussions sur celui des autres associations européennes.

Il s’agit donc pour nous d’étudier les SdF pendant l’entre-deux-guerres, de saisir les transformations et ajouts du père Sevin par rapport au scoutisme de Baden-Powell, de repérer l’influence de la théologie catholique dans cette version du scoutisme. En fait, ce mémoire essaiera de comprendre si le catholicisme a été extrinsèquement plaqué sur une méthode adaptable à toute religion, ou s’il a été introduit à tous les échelons du scoutisme, de son fondement à sa fin, en passant par ses moyens, pour transformer cette pédagogie en mouvement intrinsèquement catholique. Pour éclairer cette alternative, il faut élucider les conditions historiques de la naissance des SdF, considérer leur but, puis leurs moyens.

 

 

NOTES :

1.Chanoine Cornette, in BdL n°55,févr.1935,et in Le Chef n°102, avr. 1933,p.257.

2.Père Delmas, in BdL n°55,févr.1935.

3.Chanoine Cornette, préface de Notre Promesse, par l’abbé de Grangeneuve, La Hutte, Paris, 1932, p.8.


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